Violences Conjugales, Femmes Battues, Maltraitance des Femmes - Hauts-de-Seine
Vendredi 09 janvier 2009

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

HAUTS DE SEINE.NET Le conseil général à votre service - retour accueil

associations
 

Maltraitance, violence

Envoi à un ami
PROTÉGER LES JEUNES

Accueillir les femmes victimes de violences : écouter, accompagner, et orienter


Entretien avec Virginie Dugast, psychologue au sein du dispositif "Femmes victimes de violences 92", à l’AFED 92


Située au pied d’un immeuble du quartier du Parc à Nanterre, l’association AFED 92 - Accueil des femmes en difficulté - reçoit tous les jours des femmes en difficulté.

Le décor est sobre : des petits bureaux pour les entretiens, une salle d’attente avec des jeux pour les enfants, et surtout, une équipe plurielle qui est là pour les aider à aller mieux. Chargées d’accueil, conseillères en économie sociale et familiale, juriste et psychologue peuvent apporter, grâce à leur travail en équipe, une réponse adaptée aux problématiques parfois complexes de ces femmes isolées, débordées, en voie d’exclusion, ou maltraitées.
Les femmes victimes de violences sont reçues par Virginie Dugast, la psychologue du dispositif "Femmes victimes de violences 92" (FVV 92).

Un accueil et un accompagnement spécialisés


Virginie Dugast est la psychologue du dispositif FVV 92 au sein de l’AFED. Elle reçoit les femmes qui ont été orientées par le numéro d’appel FVV, par des partenaires (du secteur social, médical ou associatif) ou qui sont simplement venues grâce au bouche-à-oreille.
« Depuis la création du service, en octobre 2000, on estime que 85 % des cas concernent la violence conjugale », analyse Virginie Dugast.

Mettre des mots sur les maux


L’accueil de la parole des femmes, l’écoute de leur souffrance sont fondamentaux.
Comme le retrace le rapport d’activité de l’AFED, « si les femmes expriment d’emblée leur vécu de souffrance liée à la violence de leur conjoint, bien souvent, elles font également part de leur souffrance liée aux difficultés qu’elles éprouvent à se séparer de ce dernier ».
La psychologue est alors là pour entendre la violence subie, entendre la réalité de ce que vivent ces femmes, au plus près de leur quotidien. Pour ces femmes, qui ont perdu confiance à force d’humiliations, de peur et de honte, ces échanges permettent de reprendre confiance en elles, de se consolider, de prendre position.
En interrogeant les mécanismes de la violence de l’homme, elles parviennent progressivement à dénoncer l'anormalité de la situation qu'elles vivent et agir pour sortir de cette situation.

Prendre le temps, le temps du suivi et du renoncement


L’accueil de la femme victime de violence met fin à l’isolement. Dans la plupart des cas, comme le retrace le rapport d’activité de l’AFED, « ces femmes qui sont fragilisées par la répétition des violences et qui vivent dans cette situation d’angoisse et de détresse, ne peuvent pas d’emblée exprimer leur véritable souhait quant à l’évolution à donner à leur situation. C’est donc progressivement que nous interrogeons avec elles leurs capacités propres à faire face à la situation vécue en situant les violences de leur conjoint dans le "hors-la-loi"… »

Dès lors, tout en étant vigilant à ce que les violences conjugales cessent, les femmes reçues vont pouvoir bénéficier d’un suivi pour se poser et franchir les étapes à leur rythme.
Le travail avec la psychologue leur permet de prendre progressivement du recul, d’accepter leur souffrance, d’accepter le fait que leur conjoint n’est pas celui qu’elles croyaient ; elles peuvent alors commencer à se mettre en colère.
La liberté de parole, et la prise de conscience qui s’opère, peuvent conduire tout naturellement au déclenchement de la recherche de solutions.

Virginie Dugast insiste sur le fait qu’il faut parfois du temps. Ce temps n’est pas un temps « vide », mais un préalable à l’évolution de la femme victime de violence, qui ne peut d’emblée passer directement à l’action. « Ces allers-retours dans la procédure sont des signes du travail d’élaboration qui se produit… et c’est normal. La situation ne stagne pas pour autant, le projet de la personne progresse. »
Ce temps est nécessaire pour les aider à renoncer à l’homme idéal qu’il prétendait être et qu’il n’est pas, pour renoncer à la vie qu’on avait, aux repères que chacune s’était construits…
Ce temps est nécessaire pour se rassembler, penser à soi, et essayer de mettre tout en œuvre pour améliorer la situation (plainte, etc.).

La femme est actrice de sa démarche


Pour Virginie Dugast, « le respect de l’autonomie de la femme victime de violence est  indispensable. Chaque femme doit être actrice de l’avancée de sa situation. C’est là que la démarche prend tout son sens ». 
Même si l’association la soutient, c’est bien elle qui va porter plainte au commissariat, qui va essayer de faire cesser la violence par étapes, qui va faire évoluer sa situation petit à petit.
C’est bien elle qui doit remettre sa vie entière en question. Car c’est elle qui va décider de se lancer et qui devra avoir assez d’énergie et de volonté pour aller jusqu’au bout de la démarche (séparation, divorce). Et surtout, qui ne doit jamais se sentir infantilisée par un accompagnement qui serait inadapté.

Un impératif : protéger les enfants


À l’AFED, le nombre de situations familiales dans lesquelles sévit la violence conjugale et dans lesquelles évoluent des enfants fragilisés par la répétition des scènes de violence est inquiétant.
En 2004, à l’AFED, 74 % des femmes victimes de violences avaient des enfants (un à deux en moyenne). Les enfants peuvent être témoins d’actes de violence à l’encontre de leur mère, et même être directement victimes de violence physique.

Ces enfants présentent parfois des troubles : trouble du sommeil, de l’alimentation, dépression, etc. (lire l’extrait du rapport d’activité de l’Escale, « Les enfants : victimes indirectes de la violence conjugale »).
D’autre part, les enfants en bas âge peuvent eux-mêmes être concernés par cette violence. La grossesse et l’arrivée du bébé peuvent en effet être un facteur déclenchant ou aggravant de la violence conjugale.
Face à ce risque encouru par les enfants – et bien souvent très mal vécu par leur mère – les intervenants sociaux œuvrent pour que les mères prennent des mesures visant à protéger leurs enfants.

Dans ces situations, la psychologue peut exceptionnellement recevoir les enfants, soit pour les orienter vers des structures spécialisées, soit simplement pour leur expliquer la démarche entreprise par leur mère.
Enfin, devant des situations de danger pour l’enfant, des mesures d’accompagnement éducatif et de protection peuvent être impulsées, comme la mise en œuvre d’une action éducative à domicile, dans le cadre d’un travail en réseau avec la PMI et l’Aide sociale à l’enfance.

De la nécessité du travail en réseau


Dans le cadre du dispositif "Femmes victimes de violences", « les entretiens permettent de travailler avec les femmes qui viennent nous voir sur la spécificité de la violence conjugale dans sa globalité », souligne Virginie Dugast. Si elles ont pu parler de cette situation avec un médecin, ou avec une personne de la PMI, elles ont dans le cadre des entretiens un espace où creuser ce sujet dans toutes ses dimensions.
Il est alors fondamental que la psychologue puisse orienter la femme vers une conseillère juridique, un avocat ou un médecin dès que cela s’avère nécessaire ou dès que la femme s’en sent prête.

Virginie Dugast souligne la progression du travail en réseau depuis cinq ans. L’enjeu est important : mieux comprendre le champ de compétences des partenaires et développer les échanges.
Ainsi, les associations du dispositif FVV ont développé les échanges avec les avocats, sensibilisés à la particularité de ce public et spécialisés dans la défense des femmes victimes de violences. Ils sont répertoriés dans une plaquette que vient de publier le barreau des Hauts-de-Seine.

L’AFED


L’association AFED 92 (Accueil des femmes en difficulté) est implantée depuis 1980 à Nanterre, où elle accueille et informe un large public de « femmes en difficulté ».

L’association est composée de trois services :
- Hébergement : 29 appartements répartis sur l'ensemble du département, où les femmes seules avec enfants sont orientées par la commission Hébergement Famille du conseil général.
L'équipe est composée de conseillères en économie sociale et familiale, d'une psychologue et d'une juriste.
- Accueil : une juriste et une psychologue proposent un suivi pour des femmes rencontrant des difficultés, principalement sur le plan social ou présentant des problématiques de nature juridique et/ou psychologique constituant des freins à leur insertion sociale et professionnelle.
- Femmes victimes de violences 92 : service de l'AFED qui participe dès la première heure et co-anime le dispositif d’accueil et d’écoute « Femmes victimes de violences 92 » avec les autres associations du réseau : l'Escale,  Flora Tristan et l’ADAVIP.
Les femmes y sont reçues :
- sans rendez-vous (mercredi matin, jeudi après-midi),
- et sur rendez-vous en téléphonant au 01 47 78 06 92.

L’association se situe au 71, rue des Fontenelles
92000 Nanterre
Accueil AFED : 01 47 78 81 75
FVV numéro départemental : 01 47 91 48 44
haut de page haut de page